Un prof vide son cartable

Chroniques déconnantes à base de prof.

29 décembre 2006

Un rêve : professeur Callahan

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26 décembre 2006

Mon objectif pour 2007: Professor

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24 décembre 2006

J'ai reçu mon cadeau de noël.

Sympa non ? Et on peut la faire bouger, avec la souris !!
Et si vous passez sur le corset, elle fermera les yeux !! Joyeux noël !

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23 décembre 2006

PSR

Un bon enseignant se doit d'illustrer ses cours par des PSR :
les Pratiques Sociales de Référence.
En clair, des exemples concrets, empruntés à la vraie vie.
Celle de dehors, qu'elle est dure parfois.
Exemple : Le départ de Johnny Hallyday pour la Suisse permet d'aborder un problème récurrent de notre pays : la fuite des cerveaux.
Ou celui, moins connu, de l'émigration choisie, que l'on pourra opposer à l'émigration subie.

Étant consciencieux, j'applique strictement cette directive.
Ainsi, je n'exclue jamais un élève de mon cours : je le licencie.
Ça, c'est de la PSR.
Pour les évaluations, les notes, je pense PSR.
Le travail n'est plus évalué par une note sur 20 mais par un salaire, fictif bien sur.
Le principe : je multiplie la note par 100€.
Un élève ayant 10/20 se verra attribué un salaire de 1000€.
Le SMIC quoi.
Pour les notes inférieures ou égales à 4/20, un revenu minimum est octroyé : 400€.
Le RMI quoi.
Et bien sur le maximum, 2000€, aux 20/20.
C'est pas d'la PSR ça ? Ça les prépare pas à la vraie vie ça ?
Et j'vous assure qu'avec ce système, les glandeurs commencent à rire jaune.

Le problème, c'est que dans la vraie vie, un patron peut gagner 300 fois le SMIC.
Ce qui correspond à une note de 3000/20.
Et ça, c'est pas possible. Faut qu'je revois mon truc.
Putain ces PSR, c'est pas évident.
En plus, j'sais même pas si c'est 300 SMIC brut ou net.

En fait, j'suis souvent emmerdé avec les PSR.
J'essaie de piocher dans l'actualité.
Tenez, récemment, un type connu ayant tenu des propos racistes, s'est retrouvé avec tous les medias au cul.
Quel foin !
Et dans le même temps, 200 personnes sont virées, juste pour que les actionnaires s'en mettent un peu plus dans les poches.
Et la, calme plat.
Conclusion : tu peux enculer qui tu veux, tant qu'tu veux, mais à une condition :
rester poli. Très important ça.
Et ça, c'est une PSR.
Ben oui. Mais comment la mettre en oeuvre dans un cours ?
Si vous avez des idées.
A moins que le principe des PSR, si important pour nos collèges, ait des limites.
Oui, c'est ça. Le concept doit être retravaillé.
Je propose PSRA : les Pratiques Sociales de Référence Avouables.
Au moins, celles la sont compatibles avec les valeurs de la république.
Voilà.
Allez, encore une papillote et hop, j'finis ma pizza.

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22 décembre 2006

Trop ingérer n'intègre pas

J'ai jamais entendu d'élèves tenir des propos racistes.
Non pas qu'ils soient particulièrement respectueux et dépourvus de préjugés, mais ils ont parfaitement intégré, comme les adultes, que de tels propos les exposaient à des sanctions sévères.
Ou alors, c'est sous la forme :
- M'sieur, j'crois qu'j'ai fait du travail d'arabe.
- ?.....
Je relève ce type de remarque. Ce qui ne manque pas d'étonner les élèves.
Mais j'évite de sanctionner, j'explique.
Non, vous pouvez être de n'importe quelle confession ou origine, au collège, vous ne risquez rien. Les seules ethnies auxquelles je déconseillerai vivement d'appartenir, c'est celles des gros et des moches.
Pour ceux la, j'peux vous dire, c'est terrible.
Je suis amené à intervenir souvent.
Et la que faire ? Un voile, on peut toujours le laisser à la maison, une kippa pareil,
mais 30 kg de surcharge ? ou une tête de tueur ? des oreilles paraboliques ? une taille d'1,10 m ?
Là, j'voudrais m'adresser aux parents :
Si vos gosses sont gros et/ou moches, ne les envoyez pas au collège !!
Pitié, bon sang, soyez responsables ! Y vont s'faire massacrer.
Mettez les au régime, tentez le relooking, la chirurgie, ou placez les dans des sectes.
Car les ados sont cruels.

Hier encore, Adeline (pas gâtée celle la) me demande en début de cours, si elle peut se mettre à coté de sa meilleure amie (pas mieux). J'dis OK.
La dessus, Grégoire s'empresse de commenter :
- M'sieur, les mettez pas ensemble, ça va faire thon sur thon !
J'lui ai demandé de s'excuser.
Mais c'était un peu vrai, quand même.

Pour certains, le collège, c'est l'école du râteau.
Et parmi eux, certains s'les font livrer par cartons entiers.

Pour être franc, j'ai laissé dire un truc raciste, une fois, lors d'une sortie scolaire.
On était dans un bus, et des élèves au fond ont repéré qu'on était suivi par une voiture immatriculée 75.
Ils ont commencé à chanter :
- Parigots, têtes de veaux, parigots, têtes de veaux...
Propos hautement discriminatoire s'il en est.
J'ai rien dit. Mais j'assume, quitte à devoir m'en expliquer avec ma hiérarchie.
J'étais même ému et en parfaite osmose avec mes élèves.
Car faut vous dire, que par chez nous, on l'aime pas trop l'parigot.
Et qu'nous autres, quand on voit un 75, on a envie de prendre une fourche et d'lui carrer dans le cul !
Vingt dieu d'vingt dieu !
Excusez moi, c'est l'émotion.
Ah, que j'aime mes élèves dans ces moments la.
Ils ont chanté ça pendant un quart d'heure.
J'en avais les larmes aux yeux de voir la relève ainsi assurée.
Puis ils ont enchainé sur des airs de pubs.
Très drôle.

Mais bien sur, ça a dérapé. J'ai du intervenir.
Ils chantaient la pub du PMU. Vous savez : Péééééééé, Mmmmmm, Uuuuuuu, etc...
Enfin, leur version.
- Péééééééé, Mmmmmm, Uuuuuuu,
...on l'a tous dans l'c...

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21 décembre 2006

Savoir illustrer une consigne.

- Bon, vous écoutez s’il vous plait ?
  Bien. Quelques rappels de sécurité sur le fer à souder.
  Si vous souhaitez perforer la main de votre voisin avec un fer à souder,
  quelles sont les conditions requises ?
- ?...
- Allez, je vous écoute. Axelle ?
- Ben, y faut qu’y soit branché.
- Très bien. Et pourquoi ?
- Pour qu’il puisse chauffer.
- Merci Axelle. Voilà pour la première condition.
  En effet, le fer doit être chaud. Et plus c’est chaud, plus ça brûle.
  On peut donc dire que la gravité de la brûlure est proportionnelle à la température.
  Mais est-ce suffisant pour perforer ? Axelle ?
- Moi m’sieur !
- Émilie ?
- Y faut laisser appuyer longtemps.
- Excellent Émilie !
  La gravité de la brûlure est donc proportionnelle à la température mais aussi à la durée d’exposition. 
  Démonstration. Mon fer est branché, sa température est de 300°, j’effleure rapidement mon index. Que se passe t’il ?
- Rien parce que ça été vite.
- Merci Antoine.
  Vous vous souviendrez ? Température et durée d’exposition.
  En résumé, pour une perforation réussie de la main de votre voisin, pensez à maintenir le fer suffisamment longtemps afin d’obtenir une qualité optimale.
  Bon. Vous avez pas eu trop peur ?
- Siiiiiiiii !!!
- Et ben comme ça, vous f’rez gaffe.
  Au boulot.

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19 décembre 2006

T’as les boules ?

Une des activités préférées de certains élèves, lors des séances informatique, consiste à enlever et à piquer les boules des souris.
Et ça, c’est super marrant.
C’est toujours sympa de commencer une séance avec cinq élèves qui font remarquer qu’il n’y a plus de boule dans leur souris.
Ce qui aurait tendance à me rendre un poil irritable.
À la fin de chaque séance informatique, je demande donc aux élèves de retourner les souris afin de constater la présence de la boule.
Ce qui donne des dialogues de ce type :
- Avant de sortir, montrez moi vos boules, s’il vous plait !
- M’sieur, la mienne est là !
- Très bien. Inès, contrôle si Kévin a sa boule.
Mais pour palier aux disparitions, avec un collègue, on a constitué un stock de boules, récupérées sur du vieux matériel.
On est bien content de nous.

L’élève de base, mettra un point d’honneur à changer les paramètres du bureau de Windows.
Me demandez pas pourquoi, j’en sais rien.
Ce sera tantôt l’écran de veille, tantôt le fond d’écran, voire le bouton démarrer, qui nous rend songeur lorsque qu’on le découvre rivé en haut à droite. Ce qui évidemment, est beaucoup plus pratique.
C’est toujours sympa de commencer une séance et qu’un élève de 6e, démarrant son PC, vous annonce qu’il a une nana à poil en fond d’écran.
Allons bon.
- T’as pas eu peur ?
- Ben non…
- T’es pas choqué ?
- Ben un peu quand même…
- Tu veux qu’on t’accompagne à l’infirmerie ?
- Oh ben non… quand même…
- Bon. Qui était sur ce poste…
À chaque séance, il faut indiquer sur un plan de salle, le nom de chaque élève et le poste utilisé. Dans ce genre de situation, ça permet de retrouver le coupable.
Mais évidemment, celui-ci niera farouchement.
- J’ai rien fait m’sieur, c’est arrivé comme ça ! j’vous jure !
Prends moi pour un con.
Comme si les images pornos, et seulement celles-ci, avaient une tendance à se télécharger et à s’installer automatiquement en fond d’écran.
J’savais pas.
Donc faut l’savoir, et faire attention.

Lors de certaines activités, je demande aux élèves d’effectuer une recherche sur le web. Ils travaillent en groupe de 10 à 15 élèves.
Et là, y’a intêret à être vigilant.
C’est une lutte à mort qui s’engage.
Leur mission : voir du cul.
La mienne : les en empêcher.
Leurs atoûts : bonne connaissance du milieu, rapidité, réactivité, solidarité, libido agressive.
Les miens : léger strabisme divergent assurant une vision à 180°, détecteur intuitif d'embrouille, puissance vocale approchant les 110 décibels, disjoncteur électrique (le seau d'eau virtuel).

Mais bon, c’est insuffisant, ils sont le plus souvent vainqueurs.

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16 décembre 2006

La colère de Robert

Robert déboule en salle des profs.
Il semble très en colère.
L’émotion est vive. Jugeons-en plutôt.

- Y m’ont collés une heure supplémentaire !
- Non, c’est pas vrai !
- Si, et juste le vendredi, tu vois, de 4 à 5.
  Putain, j’suis dégoûté.
  Tu t’rends compte, j’viens travailler pour une heure !
  Ah les cons !
- Et ça t’fais combien d’heures du coup ?
- 8,5.
- C’est vrai qu’c’est pourri. 8,5 heures. Quand tu penses que dans l’privé, y font ça en une journée, et que les mecs s’révoltent même pas !
- J’vais m’foutre en arrêt maladie, ça va pas trainer. Les gamins, j’vais te les foutre devant l’ordinateur, Ils iront sur internet. Rien à foutre. On n’est pas des chiens quoi !
- Appelle le rectorat.
- Mais non, la première heure sup, tu peux pas la refuser !
- C’est une honte.
  Remarque, en même temps, ça te f’ras des ronds en plus.
- Attends, tu crois qu’je bosse pour le fric moi ?
- Ben, tu bosses pour quoi ?
- La transmission du savoir, pourquoi ?
- Et ben tu vois, tu peux transmettre une heure de plus.
- Très drôle. Ça m’amuse pas du tout.
  J’vais leur foutre le SNES au cul, tu vas voir.
- Qu’est-ce que tu veux qu’y fasse le SNES ?
- Dis, j’leur paye ma cotisation, peuvent bien s’fendre d’un entretien avec le principal !
- Putain, j’y pense, ma cotisation au SNES. J’l’ai pas payé. Y m’ont envoyé un rappel.
  Y paraît qu’à la deuxième injonction, y peuvent te virer du syndicat.
- Tu déconnes ? Non, c’est pas possible ça.
- De fait, dans la fonction publique, y’a que du syndicat qu’on peut t’virer.
- Sans syndicat, qu’est-ce qu’y nous reste ?
- Putain moi, j’prends le maquis !
- Et pour ton heure sup ? Tu vas faire quoi ?
- J’vais en profiter pour nettoyer ma kalachnikov.

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14 décembre 2006

Le collège mets le voile

Salle des profs, quelques grappes de collègues.
Ça discute à voix basse.
Je m’approche d’un groupe, la discussion s’interrompt.
Une collègue semble gênée.
- Oh, qu’est-ce qui se passe ?
- Ben, un drôle de truc.
- On peut savoir ? C’est peut être personnel remarque...
À voix basse.
- Non. C’est une élève de 5e, qui a été surprise en train de faire...euh... une felassion
à un gars de sa classe. Mais bon, t’évite d’ébruiter le truc...
- Ben voilà aut’chose ! Qui les a vu ?
- Ben, on sait pas trop. Un aide-éducateur, j’crois.
- Et qu’est-ce qui se passe dans ces cas là ?
Une question bien idiote, comme ci le cas était prévu dans le règlement intérieur.
- D’après ce que je sais, les parents sont convoqués en urgence.
  Avec leur accord, les élèves devraient être transférés dans d’autres établissements.
  J’pense que dès demain, on les verra plus ici.
- Mais la gamine, elle a été contrainte ?
- Visiblement, elle a dit que non, que c’était son p’tit copain.
- Pas de sanctions ou autre ?
- Non non. Là, c’est la chape de plomb. T’imagine la réputation ?
- Tu sais qu’y pourrait y avoir des suites judiciaires ?
- Non, ça va se régler dans la plus grande discrétion. On peut le comprendre.
- Et c’est qui ces gamins ?
- Tu les a pas j’crois.
- Ah, ou sont passées nos chères petites têtes blondes !
- T’imagine pour les parents…
- J’ose à peine…. Et pour le principal, annoncer ça.
- C’est marrant cette gamine, j’aurais pas pensé tu vois…

Moi non plus.
De toute façon, au collège, on respecte les aspirations de chacun.
Mais quand même, on évite de pomper.

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13 décembre 2006

Mots d'élèves

Mais oui, j'suis un prof sympa.
Allez, un peu de narcissisme, ça fait du bien.

1) Monsieur le prof,
On vous adore.
Vous êtes un prof génial et exceptionnel !
Cette année a été merveilleuse avec vous mais aussi avec tous les 3B.
Ne changez pas car vous êtes super !
Espérons que tout vous réussisse car vous le méritez vraiment beaucoup !!!
Ce serait bien que tous les profs aient votre humour et votre gentillesse.
Vos prochains élèves auront de la chance de vous avoir
et je suis un peu jalouse d'eux !
J'aimerais bien faire encore une année avec vous car je vous adore !
Je suis ravie de vous avoir rencontré !
1000 fois merci !
Que du bonheur pour la suite et j'espère vous revoir (même vous croiser quelque part).
à bientôt.
Au revoir.
Merci de nous avoir appris tout cela, car avec vous, ça m'a plu la techno...

2) Je vous adore. Vous êtes trop sympa.
Vous êtes le seul prof à sortir tout le temps des blagues.

3) Au revoir. Vous allé me manqué !
J'espère que vous vous souviendré de moi, comme moi je me souviendrais de vous.
Au revoir.

4) Merci pour tout se que vous nous avez appris et
tout le bonheur que vous nous avez donnez.

5) Hello mister !!!
C'est trop dommage que vous partez.
C'était une année géniale, super et trop bien.
Vous allez nous manquez.
Vous reviendrez nous voir, hein ?
Merci et à bientôt.
Vous êtes "the prof".

6) Merci beaucoup pour cette année.
J'ai jamais eu un prof sympa comme vous
qui nous laisse nous exprimer comme ça. Merci!!!!

7) Un super grand merci.
C'est le seul cours ou quand j'étais triste, j'arrivait à oublier.

8) Heureusement que vous êtes pas comme M....... qui pue.

9) Monsieur
Toute la classe vous adore.
Vous êtes le plus sympa des profs du monde (et le meilleur).
Vous êtes le médaillé d'or des profs et le plus marrant.

Posté par Charly Le Prof à 12:44 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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