01 février 2007
Vamos a la playa (4/11)
4- Charly s'met minable.
On a du arriver vers dix heures du soir dans le sud de l'Espagne.
Les familles d'accueil étaient là. On a fait comme la croix rouge, on leur a distribué les colis, enfin les loustics quoi, et on a rejoint notre hébergement.
Chez l'habitant, une mamie encore, décidément j'ai pas d'bol, qui louait des chambres. J'entravais que coinche à c'qu'elle disait et la prof d'espagnol pareil parce qu'y parait qu'y a des différences de vocabulaire selon les régions.
Elle nous avait préparé à manger, de la bonne cuisine traditionnelle, à base de gras, et surtout, avec le chauffeur on l'a repéré tout de suite, une bouteille de pinard.
On a fait les mecs polis au début, va s'y sers toi, non j't'en prie après toi, et puis on a fini par la descendre c'te boutanche, comme des malpropres.
Les mamies ont appelé le principal-adjoint pour dire qu'on était bien arrivé. et elles ont discuté du programme de la semaine.
Enhardi par la lampée de pétrole que j'venais d'm'envoyer, j'me suis permis d'leur dire que l'important dans ces voyages, c'est pas d'leur bourrer le crâne aux gamins, mais d'leur bouger l'cul, qu'ils sortent de leur télé, video et autres, et qu'ils s'aèrent les neurones, qu'y s'ventilent les chakras, comme un décalaminage quoi, un curetage, un détartrage cervical en quelque sorte, et y'en avait besoin.
- Mon pauvre Charly, vous me faites de la peine, et cessez donc de boire vous êtes pathétique.
Mais sur la lancée, j'ai continué.
Et puis c'est sympa l'exotisme ? Non ? Prendre la claque de la vie, en pleine tronche, c'est pas sympa ? Hein ? Et la taloche de l'amour ? Le coup de pied au cul de l'amitié ? Le croche-patte de la tendresse ? La clé de bras d'l'affection ?
Elles m'ont regardé sans rien dire. Et elles ont repris leur conversation.
C'est bien la peine de faire part de mes réflexions, en plus que des intelligentes, pour être ignorer tel un vulgaire prof de ZEP.
Bon, pour en r'venir au pinard, y'avait pas d'étiquette dessus donc j'pourrais pas vous dire la marque mais y cognait dur l'tonton, et avec le chauffeur, on a commencé à piquer grave du nez, plus la fatigue, on commençait à trouver les mamies sexy.
Et ça chez moi, c'est un signe : faut aller s'coucher.
- Charly, inutile de monter cette bouteille dans votre chambre, elle est vide, vous me faites pitié tiens.
Ouais ok, donc on a été s'pieuter, j'étais bien torchon, et j'ai du mettre maxi cinq secondes pour m'endormir.
Vous savez, la bouche d'aération bien ouverte avec la glotte qui fait :
rrrrrrrrrrooooon........ Pfffffffffffff......... rrrrrrrrrrrrrooooooon...... pffffffffffffff......
Mais bon, on y était à la playa, on y était...
À suivre...
Vamos a la playa (3/11)
3- Charly fait sauter l'bouchon.
Barcelone en début d'après midi, c'est un sacré boxon circulatoire.
J'venais d'pioncer quatre heures d'affilé quand j'me suis réveillé.
Les mamies s'engueulaient autour d'une carte, j'ai demandé au chauffeur ou on allait, y m'a dit qu'une mamie voulait faire un détour pour visiter un truc dans un p'tit quartier.
J'ai essayé de regarder la carte avec les mamies, pour les aider, mais j'me suis fait jeté, soi disant qu'elles se débrouillaient très bien toutes seules, qu'elles étaient pas connes quand même.
Ça, j'ai pas voulu en débattre, du coup, j'ai été me ravitailler en barres chocolatées chez les gamins.
Y pétaient la forme eux.
Le problème avec les p'tits quartiers, c'est qu'c'est plein de p'tites rues.
Est arrivé ce qui devait arriver, à force de faire le con avec son bus l'autre, on s'est retrouvé coincé dans un virage. Impossible de manoeuver.
Le bordel. Dix minutes après, ça klaxonnait à tout va dans l'quartier. Une mamie est sortie pour gueuler qu'ça changeait rien de klaxonner mais visiblement y pensaient l'contraire.
Le chauffeur transpirait à grosses gouttes, il a fait trois fois l'tour du bus pour trouver une solution. Et quand j'dis le tour, c'est pas à pied qu'il le faisait, mais en longeant les vitres du bus en varape.
Les gamins s'bidonnaient et ont voulu prendre l'air une minute. Y se sont pris une branlée par les mamies qu'étaient bien tendues et énervées.
Moi, j'suis parti cloper deux rues plus loin en m'disant qu'j'les sortirai de cette merde quand j'aurais fini mon clope.
Les flics sont arrivés, à pied bien sûr puisqu'on avait bloqué tout l'quartier.
Les gamins avaient trouvé un nouveau jeu, y passaient d'un coté à l'autre du bus pour décrocher l'chauffeur. Et y z'ont réussi ces cons.
Quand j'ai fini d'rigoler, j'me suis pointé la gueule enfarinée, j'ai dit aux mamies d'aller s'asseoir et de la boucler, j'ai dit au chauffeur de respecter strictement mes consignes et de la boucler aussi, j'ai fait évacuer une vingtaine de bagnoles, comme si c'était un casse tête, les flics y mouftaient pas, j'ai fait manœuvrer le bus au millimètre et vingt minutes plus tard l'quartier était dégagé et on a repris la direction de l'autoroute parce qu'on était encore loin du but.
Les mamies n'en revenaient pas, leurs yeux brillaient de reconnaissance, les gamins m'ont applaudi, y m'ont filé des carambars et j'ai dit au chauffeur de s'arrêter sur l'autoroute pour que j'puisse boire une bière. Il était d'accord et les mamies aussi.
Sympa la bière.
Les collègues étaient toutes gentilles avec moi et elles n'arrêtaient pas de s'raconter l'histoire, mais moi ça m'intéressait plus.
Et pis j'ai préféré accompagner les gamins fumer une clope.
À suivre...