19 mars 2007
Le cador
L'autorité, c'est un truc très relatif.
Avec des gosses éduqués, polis, respectueux, j'ai une autorité redoutable.
En plus, si ils sont petits, des 6e par exemple, j'vous dis pas.
Un vrai cador.
Là où ça se complique, c'est quand ils sont peu éduqués ou pas du tout.
Et qu'ils ont ma taille.
À savoir 1,65 déplié.
C'est vrai que lorsque je dis :
- Asseyez vous !
Ils le font.
Ça oui.
Mais pendant une minute.
C'est l'autorité à courte durée.
Remarquez, c'est déjà pas mal.
Il suffit juste de le répéter 50 fois par séance.
C'est tout.
Mais j'ai surtout un gros désavantage, c'est qu'il m'arrive de plaisanter.
Là pareil, avec des gosses éduqués, polis, respectueux, aucun problème.
Mais avec des gosses peu éduqués ou pas du tout, pour lesquels toute remarque est une insulte, l'ironie non comprise est vite assimilée à de la diffamation.
Heureusement il m'arrive de tomber sur des élèves aussi ironiques que moi.
Comme Bénédicte, élève de 4e, très drôle avec qui j'avais des échanges très amusants.
Rares sont les élèves qui me font marrer.
Après un de ces fameux petits exposés où il m'arrive d'inverser des mots, suite à mes nuits de folie, ce qui donne des trucs assez curieux, elle prenait à chaque fois un ton très aristo pour me dire, par exemple :
- Monsieur, sans vouloir vous froisser, vous nous feriez pas une grosse fatigue en ce moment ?
Ou :
- Monsieur ! J'ai tout compris ! Mais ne vous réjouissez pas trop vite, vous n'y êtes pour rien.
Lors d'une séance informatique, Bénédicte et sa meilleure amie m'informent qu'elles ont un problème avec leur pc.
Je les rejoins, ausculte, diagnostique, marmonne, jure, solutionne et je leur dis :
- Et voilà mesdemoiselles, le problème est réglé !
Bénédicte ravie et avec son ton très aristo :
- Oh monsieur ! Vous êtes notre sauveur !
- Pas de manières entre nous, vous n'avez qu'à m'appeler Jésus.
Rires.
Ouais.
Mais elles m'ont appelé Jésus jusqu'à la fin de l'année.