29 mars 2007
Break on the blog (2)
27 mars 2007
Les choses de la vie
Bon, faut qu'je vous parle de Nelly.
J'ai longtemps hésité, mais bon, quand même, c'est des choses de la vie, alors je vous en parle.
Mais à l'écrit quoi.
Nelly, elle s'est pointée en début d'année, prof de musique, première année d'enseignement.
Et j'peux vous dire que lorsqu'elle est entrée en salle des profs, avec Christophe, on s'est retrouvés comme plaqués au mur.
Une jeune nana canon, bordel de merde, que des comme ça d'habitude, t'en as que dans l'privé.
En jupe, des guiboles, putain de merde, des vraies baguettes de tambour.
Des pieds, ouillouillouille chtonk chtonk chtonk, que c'est une honte de s'en servir pour marcher.
Une bouche, tin, kronk shtong shtong shtong, j'aime mieux pas en parler.
Et un petit décolleté sur une paire de nibardos, tin, ftwskqzrtgfrstja ? Krwrzak ?
Canon quoi.
Les gamins, on va plus les tenir quand ils vont la voir.
Ça va fantasmer dur dans les dortoirs, après le retour des morts vivants, ça va être panique chez les draps-housses !
Ça j'peux vous dire.
Ben oui, c'est comme ça qu'ça marche.
Tin, moi, j'me souviens, ma prof d'anglais en 4e, comment que j'te lui f'sais subir les derniers outrages à celle la, et on devait bien être une cinquantaine à faire pareil et à s'agiter grave à l'extinction des feux, malgré nos petits airs bien sages et innocents en cours (enfin, moi j'étais pas trop innocent, faut pas déconner non plus).
Quand j'pense qu'elle nous souriait bien gentiment, la pauvre, si elle avait su.
Ben oui collègues, c'est monstrueux.
Et en ZEP, j'aime mieux pas y penser.
Bon, des nanas comme ça, c'est pas pour moi ou Christophe, moi à cause de mon air austère, et Christophe parce qu'il est bien moche quand même, en plus de l'âge bien sûr.
Bon y paraît que les mecs de nos âges ça plaît aux jeunes, mais moi ça me gêne, et pis y'a suffisamment de quadras qui se font larguer, ce qui représente déjà un marché considérable.
C'est pas méchant, c'est juste la vie quoi.
Et ben mon Christophe, il a un béguin pour Nelly.
Ben ouais.
Ces choses la ça arrive, mais lui, il l'a pas vu venir, et ça lui fait tout drôle.
Et pis dans ce boulot, c'est pas simple, parce qu'on se voit pas souvent entre collègues. Un peu le matin avant les cours, un peu à la récré, avec un peu de chance à la cantoche. Et encore si les emplois du temps sont concordants.
J'y ai dit de l'attaquer coté musique. Mais Christophe, la musique, c'est pas son fort.
Y s'est jamais vraiment remis de la mort de Mike Brant.
Donc, c'est pas gagné c't'affaire.
Y m'était arrivé pareil avec la prof de pâte à modeler (arts plastiques si vous voulez), mais râteau.
Quand on vous dit que l'art est inaccessible, c'est pas faux.
Bon, j'en ai parlé à tati qui a secoué la tête avec son air des mauvais jours.
Qu'elle a tous les jours d'ailleurs.
Ben ouais, on était d'accord, c'est bien d'avoir de l'ambition, mais c'est bien d'avoir un miroir aussi.
C'est pas méchant, c'est juste la vie quoi.
J'ai dit à Christophe de l'inviter la Nelly, et de lui parler.
C'est un grand timide mais il l'a fait.
- Pardon m'sieurs dames et un râteau ! Un !
Ben ouais.
Un gentil, c'est vrai, mais c'est les plus durs.
Parce que c'est la gentillesse qu'on perd aussi.
D'ailleurs les nanas, quand vous nous mettez un râteau, allez y franco !
Ça nous fait moins de regrets.
Alors hier soir, on est passé chez tati avec Christophe, pour l'apéro.
Puis on a décidé d'aller en ville, j'sais plus pourquoi, ah si, pour l'apéro.
Tati nous a dit de l'appeler si on buvait trop, qu'elle viendrait nous chercher, parce qu'avec ses insomnies, elle est debout toute la nuit.
J'ai amené Christophe en ville.
Bon, je ne conseille l'alcool à personne, pour sûr, mais des fois, vous savez, ça aide bien à faire parler la tristesse.
Donc avec Christophe, on en a pris une bonne.
Une sacrée même.
Parce que c'est la vie ces choses là.
C'est tout.
S'il vous plaît, dans vos commentaires...
SOYEZ CONCIS BORDEL !!!!!
Vous croyez que j'ai qu'ça à foutre de m'coltiner trente pages de commentaires le soir à la veillée ?
26 mars 2007
Fiche métier : enseignant
Nombre d'entre vous ont senti naître au fil de la lecture de ce blog, une vocation pour ce noble métier d'enseignant.
Il ne pouvait pas en être autrement.
Aussi, je vous propose aujourd'hui une mini FAQ qui devrait guider votre réflexion et vous aider à finaliser votre choix.
Enseigner, un métier, un sacerdoce, une mission.
Mais aussi, un guet-apens, un coupe-gorge, une embuscade, un croche patte.
Donc attention : vocation indispensable !
Quelles sont les missions de l'enseignant ?
Trois missions sont définies dans les textes :
1) Instruire
2) Contribuer à l'éducation
3) Préparer l'insertion sociale et professionnelle (la leur, la notre ça va merci).
Jusque là c'est facile mais, car il y a un mais :
1) En faisant preuve de pédagogie.
2) Sans afficher de préférences.
3) Sans crever les pneus de leur scooter.
Et là j'peux vous dire qu'c'est une autre paire de manche.
Autant dire mission impossible.
Et oui, on est pas des magiciens non plus.
En même temps, c'est là tout l'enjeu.
Mais vous allez me dire :
- Même pas une petite claque ? Une claquounette ?
Non.
Bon, y'a bien des astuces, mais officiellement non.
(Pour les connaître, contactez moi discrètement)
Doit-on amener son casier ?
Non bien sûr.
Enfin, oui et non.
Celui de la salle des profs vous sera fourni et charge à vous de le remplir.
Par contre, il en est un que devrez produire, et vide si possible, c'est votre casier judiciaire.
Pourquoi croyez-vous qu'Alain Juppé soit allé enseigner au Canada ?
Parce qu'en France, pour enseigner, il faut avoir un casier judiciaire vierge.
Et on peut le comprendre, quel parent accepterait de laisser son rejeton devant un voyou ?
Faut-il aimer les gamins pour pratiquer ce métier ?
Non.
D'ailleurs à aucun moment du processus de recrutement, la question ne vous sera posée.
On ne vous parle même jamais d'élèves.
Et pour nombre d'entre nous, c'est une sacrée surprise de découvrir que l'on est pas seul dans la classe.
Y'a même du monde parfois.
Et évidemment ça change tout.
Quels sont les outils de l'enseignant ?
Il y en a deux :
1) Le cartable.
Si y'a bien un accessoire qui nous caractérise, c'est bien celui la.
Avec les lunettes peut-être.
En effet, qu'est-ce qui différencie un enseignant lambda d'un citoyen ordinaire au supermarché ?
Le cartable.
Qu'est-ce qui fait notre succès dans les boîtes de nuit ?
Le cartable.
Qu'est-ce qui fait qu'on se fait caillasser comme des malpropres et traiter de fainéant et de bons à rien lorsque l'on rentre paisiblement chez soi ?
Le cartable.
2) La Kangoo.
C'est un véhicule ridicule dessiné par le bureau recherche et développement de la firme juste avant leur licenciement.
Une vengeance quoi.
Les couleurs ont été choisies par des élèves de maternelle décomplexés et libérés de toute contraintes.
Elle a reçu le grand prix de l'humour à Chamrousse, et le dernier modèle, Wallace et Gromitt, si c'est vrai, a fait grimper anormalement le nombre de tués sur les routes car contrairement à l'idée reçue, le ridicule peut tuer.
Comment ne pas être confondu avec un élève ?
Lavez vous tous les jours.
Dans certains établissements, une fois par semaine suffit, ça fait déjà une grosse différence.
Quel type de prof serez vous ?
Style qui s'la pète, genre prof de lycée, qu'on s'parle jamais, parce qu'y travaillent dans les bureaux et que nous on a les mains dans le cambouis, ou style humble, genre prof de collège, parce que y'a pas d'quoi s'la péter, en général, on nous la pète, ou prof de lycée professionnel, les plus valeureux d'entre nous, les troupes d'élite qui font face à une rude adversité, qui s'la pètent pas, parce que tous les jours, y s'prennent de ces déculottées, mon pauvre, c'est rien d'le dire.
Les perspectives d'avenir ?
Elles sont étroitement liées au lieu de votre affectation, qui selon le cas, peut gravement vous affecter.
Les salaires ?
Vous connaissez tous la formule "À travail égal salaire égal" ?
C'est le credo de notre maison.
Toutefois, fort de mon expérience, je proposerai la variante suivante :
À travail égal ç'a l'air égal, mais ça l'est pas.
(voir l'article : un jeune, faut qu'ça jeûne)
L'alcool est-il interdit ?
Oui.
Bon, y'a bien des astuces, mais officiellement oui.
(Pour les connaître contactez moi discrètement)
Conseilleriez vous ce métier à un jeune ?
À un jeune qui a de l'ambition, non.
À un jeune qui n'a pas d'amour propre, une piètre image de lui-même, oui.
Et il sera même confirmé dans ses sentiments.
Voilà, vous disposez maintenant de toutes les bonnes raisons pour choisir ce noble métier.
Et d'ailleurs, il n'y en a pas de mauvaises.
(Pour les connaître, contactez moi discrètement)
23 mars 2007
Je me suis fait Chevalier
Dennis, il n'est pas d'ici.
C'est un extra terrestre.
Comme moi.
Il a quatorze ans, en 4e.
Il est tout petit, une tête de clown, ses résultats scolaires sont à sa hauteur.
Pourtant il se donne, mais il est au taquet.
Ses yeux bougent tout le temps, difficile de capter son regard.
Comme moi.
Lorsque je traverse la cour, il fonce vers moi :
- M'sieur, vous avez corrigé les contrôles ?
- C'est en cours...
- J'ai la moyenne m'sieur ? Dites, j'ai au moins quinze ?
- J'te dirai ça...
- Parce que j'avais bien révisé.
Et ça j'en doute pas.
Mais je l'ai corrigé sa copie et je sais bien qu'il a pas quinze mon Dennis.
Mais j'lui dis pas.
Ça m"emmerde de mettre des mauvaises notes à des gamins pareils.
C'est idiot mais c'est comme ça.
Moi, j'aimerai juste noter la gentillesse.
Dennis a les cheveux tout frisou et courts.
- Pourquoi t'as les oreilles toutes rouges Dennis ?
- Ben c'est Driss qui me donne des claques tout le temps.
Ça me fait sourire mais je me reprends :
- C'est pas bien ça, j'vais lui parler à Driss.
- Mais c'est pas grave m'sieur.
Parce que c'est le souffre douleur et ses grandes oreilles sont une cible tentante.
Sa petite taille aussi.
Alors je me ferai Chevalier, et je serai son garde du corps pendant la séance.
À mon Dennis.
Pourtant lui ne se plaint pas, et si je punis Driss, il prendra sa défense.
- T'as passé un bon week-end Dennis ?
Il est surpris et gêné.
- Ben... je sais pas... oui, j'crois, j'ai mangé chez mon tonton.
- Et c'était bon ?
- Ben oui alors...
- Et moi, tu m'demandes pas si j'ai passé un bon week-end ?
Il hésite, puis ça le fait marrer, et il se lance :
- Ben si, et vous m'sieur ?
- Super. Mais je suis content de vous revoir...
- Bah... c'est vrai ?
- Tu m'crois pas ?
- Ben j'sais pas...
Ben c'est vrai.
Et Thomas, si chétif, que ses parents lui ont payé un cartable à roulettes.
Ils sont deux sur tout l'établissement à traîner leur valise derrière eux.
Mais ici comme dehors il ne fait pas bon innover.
Qu'est-ce qu'y s'prennent tous les deux.
Et toujours à se faire piquer leurs affaires ces deux la.
Et puis dans les bousculades, c'est terrible pour eux, surtout avec ces cons de 3e qui déboulent.
Alors je me ferai Chevalier, et je serai leur garde du corps dans le couloir.
Mais j'peux pas être partout.
J'sais pas ce que ça va donner comme adultes des gamins comme ça.
Si gentils, si fragiles, si facilement manipulables.
Gare aux prédateurs.
Parce que je ne serai pas toujours là.
Et ça, ça m'emmerde.
22 mars 2007
Un concours épique
Christophe est un grand timide.
Cette caractéristique lui a valu bien des déboires dont certains plutôt inattendus.
Cette anecdote qu'il m'a racontée, m'a vu m'écrouler de rire sur la pelouse devant ma salle, où il n'a pas tardé à me rejoindre, pour lacérer de nos spasmes rigolards et imbéciles la terre sous-jacente.
Christophe a passé le concours à Paris il y a quelques années déjà.
Il ne lui restait qu'un oral d'une heure environ.
Mais timide comme il est, il avait prévu d'absorber juste avant l'épreuve, quelques comprimés d'un vasodilatateur afin de calmer son appréhension.
Au moment de la prise, et certainement sous le coup de l'émotion, pensant trouver un mental de winner, il ingère aussi un comprimé de Viagra à effet immédiat.
Et l'oral commence.
Inutile de préciser que son profil fut quelque peu altéré par la prise, et qu'étant au mois de mai, son joli pantalon en toile kaki prit des allures de trimaran.
Le jury ne manqua pas de constater le délit mais continua néanmoins son questionnement.
Tout l'enjeu pour Christophe fut de se retourner à chaque fois vers le tableau le plus rapidement possible afin d'éviter d'exposer son profil et ce, sans heurter le rétroprojecteur.
Mais la proéminence était telle que de face même, la tension exercée par le mât, lui donnait des airs de chapiteau.
L'autre défi fut de maintenir une main dans la poche, vieille astuce née avec le pantalon, mais régler un rétroprojecteur de la sorte, bien que ce soit tout à fait possible, vous fait rapidement passer pour un pas dégourdi du tout, et même éveille les soupçons.
Et plusieurs fois, lors de ses retournements intempestifs, il heurta malencontreusement le rétroprojecteur.
Le jury échangeait à voix basse, bien conscient de l'affront, se demandant ce qui pouvait le mettre dans cet état, et que décidément cette administration était bien attractive, et sa motivation indubitable.
Christophe raconte qu'il contenait aussi un fou rire et qu'il arborait, et ceci fait sens, un discret sourire.
Le jury aussi car personne n'était dupe.
Un peu comme lorsque l'on se retrouve à quatre dans une voiture, et que l'on est soudainement envahi par une odeur immonde, qui fait tousser l'un, siffloter l'autre, et tourner la tête au troisième.
Comme si il ne se passait rien.
Jusqu'à ce que le quatrième, excédé et n'en pouvant plus s'exclame :
- Putain ! C'est qui le porc qu'a fait ça !
En général, s'ensuit un débat où la mauvaise foi pitoyable de chacun s'affiche sans vergogne et où le présumé, avouant son menu de la veille, révèle d'un coup son forfait.
Il subira bien sûr les derniers outrages et quelques jets d'insultes et se verra banni vers la fenêtre ouverte, par moins dix degrés, température à laquelle les gaz se densifient et les muscles se rétractent, améliorant l'étanchéité.
Ce qui est sûr, c'est qu'étant absorbé par son appendice Christophe oublia sa timidité et tout se passa bien.
Son hommage appuyé au menhir d'Obélix n'eut pas de conséquence.
Donc avant un challenge quelconque, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Après avoir bien ri, nous sommes restés dans l'herbe, avec mon pote Christophe, qui me dit que bien sûr, c'était une connerie.
Il faisait beau, on a causé du nouveau programme de 6e.
Y'a des fois, la vie est belle quand même, non ?
21 mars 2007
Je ne vous y encourage pas
Lors des conseils de classe, avant, on pouvait attribuer à chaque élève, des félicitations, des encouragements ou des avertissements.
Les félicitations pour les très bons élèves, mais ça vous l'auriez deviné, les encouragements pour ceux qui sont au taquet mais qu'avancent pas, avertissement travail pour les touristes, et avertissement comportement pour les ambianceurs.
Mais on peut pu.
Parce qu'y parait que les avertissements provoquaient des drames dans les familles, des traumatismes graves et irréversibles chez les élèves et peut être même des hospitalisations. Donc le chef nous a encouragé à ne plus les encourager et nous a félicité de ne plus les féliciter.
Parce qu'il faut savoir qu'un avertissement travail en 6e, ça vous suit toute la vie, comme un casier judiciaire, et que ça peut vous foutre une vie en l'air un truc pareil.
Voire plus.
Nous on savait pas, mais heureusement le chef y nous l'a dit.
Et pis il a dit que c'était pas normal de donner des avertissements aux uns et pas aux autres et que la république c'était tout pareil pour tout le monde.
Alors j'ai dit que pour les notes, c'était un vrai scandale, de créer des différences comme ça entre les élèves, que c'était de la discrimination, et qu'y fallait que ça cesse. Mais bon, le chef il était pas d'accord et m'a dit que si j'avais d'autres trucs intéressants comme ça à dire, que j'hésite pas à intervenir.
Et ça m'a fait plaisir.
Ben des collègues y z'ont dit que c'était pas normal, qu'il fallait féliciter ceux qui travaillaient dur, mais le chef il a dit qu'y z'avaient déjà des bonnes notes et qu'y fallait quand même pas pousser, et puis quoi encore.
Alors y'a des collègues qu'ont dit qu'ils mettraient les félicitations dans leur commentaire et il s'est fait avoir.
Après on a parlé d'Acène, élève de 3e, qui a insulté à peu près tout ce qui bouge dans l'établissement, toute forme de vie quoi, dont ses profs, volé une bonne quinzaine de portable, racketté une trentaine d'élève de 6e et incendié les poubelles de la cantoche.
On a fait un débat, très chaud, le chef a dit que c'était un cas sensible, parce que le chef il a toujours un dictionnaire d'euphémismes sous la main, et on a juste mis qu'on serait bien content si il était plus gentil, et qu'on s'excusait pour les désagréments causés par les expulsions, parce que c'est vrai que ç'a dû lui chambouler son emploi du temps ces trucs là.
Tout ça pour vous dire, vous inquiétez pas, on s'occupe bien de vos gosses et on risque pas de leur faire du mal.
Parce que tous égaux chez nous, ç'a du sens.
Voyez.
19 mars 2007
Le cador
L'autorité, c'est un truc très relatif.
Avec des gosses éduqués, polis, respectueux, j'ai une autorité redoutable.
En plus, si ils sont petits, des 6e par exemple, j'vous dis pas.
Un vrai cador.
Là où ça se complique, c'est quand ils sont peu éduqués ou pas du tout.
Et qu'ils ont ma taille.
À savoir 1,65 déplié.
C'est vrai que lorsque je dis :
- Asseyez vous !
Ils le font.
Ça oui.
Mais pendant une minute.
C'est l'autorité à courte durée.
Remarquez, c'est déjà pas mal.
Il suffit juste de le répéter 50 fois par séance.
C'est tout.
Mais j'ai surtout un gros désavantage, c'est qu'il m'arrive de plaisanter.
Là pareil, avec des gosses éduqués, polis, respectueux, aucun problème.
Mais avec des gosses peu éduqués ou pas du tout, pour lesquels toute remarque est une insulte, l'ironie non comprise est vite assimilée à de la diffamation.
Heureusement il m'arrive de tomber sur des élèves aussi ironiques que moi.
Comme Bénédicte, élève de 4e, très drôle avec qui j'avais des échanges très amusants.
Rares sont les élèves qui me font marrer.
Après un de ces fameux petits exposés où il m'arrive d'inverser des mots, suite à mes nuits de folie, ce qui donne des trucs assez curieux, elle prenait à chaque fois un ton très aristo pour me dire, par exemple :
- Monsieur, sans vouloir vous froisser, vous nous feriez pas une grosse fatigue en ce moment ?
Ou :
- Monsieur ! J'ai tout compris ! Mais ne vous réjouissez pas trop vite, vous n'y êtes pour rien.
Lors d'une séance informatique, Bénédicte et sa meilleure amie m'informent qu'elles ont un problème avec leur pc.
Je les rejoins, ausculte, diagnostique, marmonne, jure, solutionne et je leur dis :
- Et voilà mesdemoiselles, le problème est réglé !
Bénédicte ravie et avec son ton très aristo :
- Oh monsieur ! Vous êtes notre sauveur !
- Pas de manières entre nous, vous n'avez qu'à m'appeler Jésus.
Rires.
Ouais.
Mais elles m'ont appelé Jésus jusqu'à la fin de l'année.
18 mars 2007
Mon odyssée
Tandis que j'explorai des contrées inconnues, aux commandes de mon vaisseau spatial, et aux confins de ma connerie, je reçu un appel de la base.
- Charly, ne vous éloignez pas trop, au delà, nous ne pourrions plus assurer votre sécurité.
- M'en fous. Envoyez moi des films pornos sur le canal urgence, j'ai la libido dans les chaussettes.
Et pendant qu'je vous tiens, lâchez moi !
- Charly, votre connerie est bien trop vaste, vous courez un réel danger. Mais c'est ok pour les films Charly.
J'étais un aventurier de l'espace con.
Satellisé dès ma naissance, je déviai de ma trajectoire et m'enfonçai dans les abysses tourmentés de mon delirium, ou j'interceptai parfois des messages abscons.
La galaxie du connard est vaste et craignant de manquer de carburant, je déployai mes capteurs solaires, assurant ainsi mon autonomie.
- Charly, on va vous perdre... Charly... répondez... ici la base... s'il vous plaît...
Tandis que j'approchai dangereusement du soleil, surgit brusquement sur ma droite une météorite.
Les radars embarqués n'avaient pas mentionné sa présence.
Elle percuta violemment la soute avant et je fis une embardée.
J'interrogeai le module de commande mais sous l'effet de la déflagration, un court circuit général paralysa les centres de décision, l'empêchant de répondre à mes injonctions.
Le vaisseau amorça une chute, comme happé par le météore.
Je fis une ultime tentative afin d'éviter le pire et je vis ma fin venir.
Je déclenchai le mode survie et passai sur déconnage automatique.
Le vaisseau stoppa net à une encablure de la météorite.
Je compris soudain le danger d'approcher des limites de ma connerie.
Le silence se fit.
Je revis son visage.
Je sollicitai une dernière fois HAL, l'ordinateur central, mais ses circuits amorphes agonisaient dans leurs courants résiduels.
Je décidai d'évacuer le vaisseau et me dirigeai vers l'arrière.
Du sas, à travers le hublot, l'insondable m'apparut, et j'ajustai mon scaphandre.
Devant moi, l'intersidéralité de ma connerie étincelait sa splendeur, je me vis flancher.
Je pensai une dernière fois à elle, et m'apprêtai à l'éjection quand...
- Alors docteur ?
- Non madame, votre fils Charly n'est pas sourd
Il est juste dans la lune.
17 mars 2007
ALERTE À MARABOUT !!!!
Je viens d'apprendre que le blog de melle bille et le mien sont maraboutés !!!!!
http://www.megabambou.com/mmm/mmm.php?url=http%3A%2F%2Fcharlyleprof.canalblog.com%2F&submit=Go%21
melle bille :
http://www.megabambou.com/mmm/mmm.php?url=http%3A%2F%2Fwagon3.canalblog.com%2F&submit=Go%21
C'est rien drôle leur truc !!!