Un prof vide son cartable

Chroniques déconnantes à base de prof.

11 mai 2007

Et oui, six mois déjà...

Il y a six mois, le 11 novembre 2006 à 10:49, j'enfantai dans la douleur ce blogounet.

C'est à l'issue d'une réflexion intense que je décidai de livrer à l'humanité toute entière mon épopée professorale, le roman de ma vie, la quintessence de ma destinée :
mon odyssée contre l'armée des acnéiques et mon héroïque résistance à l'invasion pubère.
Enfin bref : ma virée chez les ploucs.

Oui, moi, professeur émérite, et selon le jour, matador des bœufs ou torero des ânes, je décidai de rendre accessible à chacun un peu de ma vie, donc un peu de mon génie.

Je fis le choix de mots simples, afin d'être accessible aux profs, et de parler un peu de cul, pour être accessible à tous.
D'anecdotes croustillantes en envolées lyriques vous succombâtes au charme subtil de mon humble personne.
Car je peux me vanter d'être un type humble.

À travers ce blog, ma quête éperdue du bonheur trouva sa récompense.
Je trouvai un sens à ma vie et j'arrêtai la drogue.
Car si ma vie a rempli ce blog, ce blog a rempli ma vie.
(Qu'est-ce qu'y faut pas écrire comme conneries).

Je sus réveiller bien des libidos endormies, croupies au fond des marécages glauques de vos mornes vies, existences besogneuses dont je secouai la torpeur par un sex-appeal torride.

Mais emporté par l'exaltation, je surdosai mon blog en phéromones et vous vous lâchâtes.
Je dus donc refuser systématiquement vos seins exhibés, vos fesses molles et vos infâmes cuisses.
Sans compter les offres que vous me fîtes de schtrumble.
C'est bien simple, par moment, vous m'écœurâtes.
C’est une honte.
(y’en a même qu’ont proposé carrément un schmurphy, hé ho ! Ça va pas la tête ?)

Mais je persévérai.

Je narrai avec brio moult anecdotes, billevesées et fredaines, et daignai visiter vos blogs, oh tristesse infinie, sur lesquels, parfois, je condescendis à laisser un commentaire délibérément médiocre afin d'en respecter la tonalité.

Oui, mais le 18 novembre 2006 à 13:15, tomba le premier commentaire sur mon blogounet.
Imaginez mon émoi.
Commentaire anonyme d'ailleurs.
Je cliquai fébrilement et lus le texte suivant : vous êtes pathétique.

Putain.
Ça m'a cassé.

Mais comment peut-on être aveugle à ce point ?
Et n'avoir pas su voir le talent dégoulinant de ma prose ?

Alors je traversai une grave crise existentielle et vécus les pires heures de ma vie.
Je relus tout Nietzsche et bus tout Heineken.
Je déambulai dans mon salon, hésitant à sauter par la fenêtre (ça caillait encore à l’époque), préférant succomber au doute.

Et si je n'étais pas le génie que je pensais-je ?
Bon, c'est vrai que mes ex me l'avaient plus ou moins suggéré, mais quand même.
Pris d'un accès de folie, et afin d'en avoir le cœur net, j'achetai Télé Z et je fis deux mots fléchés.
D’affilée.

Ouffff !!!!

Rassuré et le cœur empli de joie, je me remis donc à la tâche, et j'œuvrai pour tous, enfumant la blogosphère de mes spirituelles volutes.

La suite vous la connaissez, un succès fulgurant, des stats de folie, un passage en radio, et des rencontres hors blog...

Ouais, ben parlons-en des rencontres hors blog.
Putain, vive le virtuel !
Moi qui pensait que les filles c'était gentil, et ben putain.
D'entrée, je suis tombé sur une allumée du fion, qui m'a pourchassé dans tout le canton.
Dans la foulée, une fracassée de la timbale, suivie par une exaltée de la foune et par une torturée du minou.

Ben moi, j'savais pas qu'elles étaient comme ça les filles.
Vous imaginez le choc.
Bon là, je me remets doucement.

Heureusement, y'en a eu d'autres bien bravounettes.
Dont une, bien gisquette, que j'te basculerais bien à l'occasion sur le lino.
Pourquoi le lino ?
Ben parce que je suis allergique à la moquette.
C'est vrai, ça m'fait comme des p'tites quintes de toux.
Et après je bave.

Pour conclure, j'vous dis pas merci pour tous les commentaires parce qu'ils sont assez nuls dans l'ensemble.
Pas marrants, limite racoleurs parfois.
Pas merci à votre gentillesse largement intéressée, il faut bien le dire.
Ni à votre humour qui bien souvent m'a désespéré.
Et encore moins à vos allusions pornographiques qui en disent long sur vos misères sexuelles.

Voilà.
Et à la vôtre !

Charly

Ps : bon... ben... à tous... heu... merci quoi...
Si j'peux dire
.

Posté par Charly Le Prof à 10:49 - Commentaires [51] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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