20 décembre 2007
Noël
Noël approche et c’est le moment de décorer ma garçonnière.
Je commence toujours par les guirlandes. Surtout qu’au fil des années, j’en ai accumulé une bonne vingtaine de kilomètres, ce qui me permet de retapisser intégralement mon bel appartement, le temps des vacances.
Nul n’échappera à ma vindicte décoratrice, j’optimise l’existant et je réquisitionne chacun des meubles, chacune des pièces, que j’enguirlande sans vergogne, jusqu’aux toilettes, dont le réservoir se verra finement ourlé d’une guirlande violette d’un très mauvais goût mais qui rappelle à chacun que ce modeste endroit s’associe à la fête, car c’est ici qu’elle s’achève le plus souvent.
Pour le sapin, je fais simple, je mobilise un des résidant du salon, et c’est donc le ficus qui s’y colle. Il a droit à une splendide camisole de guirlandes du plus bel effet, ainsi qu’à de multiples boules qu’il maintient crânement à bout de branches, tandis que je finis de l’étrangler avec une guirlande lumineuse que je fais clignoter un peu tous les soirs, mais juste un peu, jusqu’à ce que ça me gonfle quoi.
Au collège, la semaine avant les fêtes, l’événement, c’est le repas de Noël à la cantine.
À ceux qui pensent que l’expression « repas de Noël » et le mot « cantine » sont incompatibles, permettez-moi de vous dire que vous faites preuve d’un mauvais esprit particulièrement affligeant.
Car avec les collègues, on est vachement contents d’aller s’taper la cloche au self.
Et je ne résiste pas au plaisir d’exciter vos papilles.
En entrée, radis au naturel servis sur un lit de beurre avec l’emballage alu tout doré autour, pilon de dinde dans sa sauce brimade et son escadrille de pommes dauphine (six, pour être précis, et en formation serrée). Pour le fromage, assortiment de triangles, isocèle de camembert ou équilatéral de Brie.
Au dessert, un délicieux sabotage à la vanille nappé d’une onctueuse vague d’attentat au chocolat.
Pour le vin, afin d’escorter l’ensemble, un dévastateur mais gouleyant « Saint Joseph priez pour nous et pardonnez à ces humbles vignerons car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Je passe sur l’indispensable carafe d’eau car elle est au repas de Noël ce que le cathéter est au perfusé : le petit détail qui peut jouer en votre faveur.
Mais surtout, surtout, le petit sachet avec les trois papillotes dedans et la p’tite crotte qui va bien. Que c’est mimi !!!!
Tout Noël résumé dans un sachet.
Pour les adultes, c’est champagne. Mais champagne de cantine, c'est-à-dire low-coast. Comptez environ cinq euros pour une caisse de douze, mais en négociant bien, vous pouvez obtenir une ristourne.
Le retour dans la cour pour récupérer les élèves se fait dans une ambiance festive, ponctuée d’éclats de rire, et mon Christophe, hilare, envisage le plus sérieusement du monde de faire cours malgré deux grammes par litre, cette conscience professionnelle l’honore, et c’est un poil amusé que je le vois remonter les bretelles aux élèves qui se refusent à le suivre, et pour cause, ce ne sont pas les siens.
Aaaaaah !!! Ce jour béni où le réfectoire se transforme en guinguette, d’où surgit une joyeuse bande de profs hirsutes et défroqués, imbibés d’infâme piquette, macérant encore dans l’ignoble sauce, pataugeant dans la fange la plus abjecte, où la plus vile des vannes côtoie la plus basse paillardise, offrant à notre besogneuse jeunesse le visage affligeant d’une certaine joie de vivre.
Mais Noël au collège, c’est aussi la séance récréative.
Ou, quand la salle de classe se transforme en espace détente et le prof en GO.
Elle ponctue des mois de dur labeur et constitue la mise en bouche des quinze jours de glandouille qui s’annoncent. Certains collègues refusent de se prêter au jeu de la séance récréative, c’est leur droit, certains par contre la préparent. Quant à moi, je me laisse aller à une totale improvisation qui débouche le plus souvent sur un joyeux bordel. Ainsi, si vous visitez ma classe pendant une séance récréative, vous constaterez qu’il y souffle comme un vent de mutinerie. Vous constaterez la même chose chez ma collègue d’arts plastiques, mais là, il s’agit d’un cours normal.
Le tableau générant d’immenses frustrations chez l’élève de base, car son accès lui est interdit, sa principale requête sera, en cette séance bénie, l’accès sans limitations à l’objet tant convoité.
Ainsi, après d’âpres négociations, les mutins partent à l’assaut du tableau, et vont mettre un point d’honneur, quand c’est pas un bras, à me flinguer une boite entière de craies multicolores que j’avais patiemment accumulée à force de visites chez l’intendante, à barbouiller mon espace réservé de fleurs approximatives, juchés sur des chaises, pour le saloper bien jusqu’en haut, et ce dans un bordel ignoble et une abominable mêlée.
C’est en général ce moment de l’année que le chef choisit pour me demander quelque chose, et qu’il entre dans la salle.
Et là, à la vue de ses yeux révulsés, je suis contraint de le refouler dans le couloir pour un rapide massage cardiaque et entendre sa requête.
Voilà, c’est donc en tant qu’effaceur, devant le tableau et la brosse à la main, que j’achèverai ma prestation cette année, avant de rejoindre Christophe pour un ultime demi en ville, à refaire le monde, mais au niveau local, nous imaginant pères Noël généreux pour dames esseulées, et planifiant deux semaines annoncées de bombances et de ripailles.
16 décembre 2007
Du rififi chez les 6e4
Ce matin-là, après l’appel, le silence se fit.
Lui, d’ordinaire peu enclin à répondre à mes injonctions, s’installa de sa propre initiative.
Ce silence m’interpella et, depuis le fond de mon fauteuil, bien calé, je fis un lent panoramique afin de scruter les visages de mes 6e4, tentant d’intercepter un signe, un indice m’indiquant la piste d’une possible explication au calme ambiant.
Ce signe m’apparut soudain, telle une révélation, un aveu, en provenance du fond de la classe, contrée lointaine où subsistait une tribu indigène qui vouait des rites ancestraux et bruyants au radiateur en fonte. L’aventurier-pédagogue que je suis, visitait à l’occasion de timides incursions cet espace préservé des rythmes infernaux de nos sociétés modernes, qui opérait telle une poche de résistance tout en développant un certain art de vivre. Et c’est là que le signe m’apparut sous la forme d’un super méga coquart sur l’œil gauche de Brizouille.
Impressionné par l’impact, je mesurai que l’instant était grave : il y avait eu atteinte à l’intégrité physique de mon Brizouille et je ne pouvais faire moins qu’enquêter. Aussi je me précipitai afin de recueillir son précieux témoignage :
– Ben, qu’est-ce qui t’est arrivé Brizouille ?!?!
– Rien.
Le 6e4 est retors, fier, et peu enclin à reconnaître sa défaite, même lorsque celle-ci s’étale du sourcil jusqu’à la pommette, qu’elle maintient l’œil en position closed, et qu’elle arbore les couleurs de la patrie, mais mélangées.
Je remarquai du coin de l’œil Trapugne particulièrement affairé à ne rien faire, attention suscitée par quelques maladresses dans ses gestes inutiles. Je l’interpellai en montrant la cocarde :
– Trapugne, connaîtrais-tu le nom de la météorite qui a produit ceci ???
– Ben non…
L’omerta régnait donc sur ce peuple du fond de classe et je décidai de faire appel à la sagesse de Bourzig qui en tant que redoublant faisait office d’ancien, que dis-je, de vétéran.
Et celui-ci relata le forfait :
– Ben, Brizouille il a caché le cartable de Fanny, et il a pas voulu dire où et Trapugne, y lui a mis un pain.
Ainsi donc, Trapugne avait tamponné du sceau tricolore le visage de mon jeune républicain.
– Trapugne, c’est comme ça que tu règles les problèmes ??
– …
– Fanny tu as retrouvé ton cartable ??
– Oui, il était derrière les casiers.
– Alors Trapugne ???
– Ben, il avait caché le cartable à Fanny…
Quelle horreur.
Cacher un cartable. C’était plus que n’en pouvait subir Trapugne, et sa réaction démesurée trouvait là une explication plus que convaincante. Il était question ici de légitime défense. Mais une telle ardeur à défendre l’honneur de Fanny me rendit dubitatif.
– C’était vraiment une raison pour une tentative de remodelage facial ???
Mais c’est Bourzig qui dans sa grande sagesse, illuminant d’un coup de sa modeste veilleuse cet imbroglio, fit cette déclaration :
– M’sieur, j’crois qu’y sont jaloux…
Mais que je suis bête !!!!!
Je compris alors toute la symbolique du cachage de cartable, signe tangible de draguage intense, car créateur du lien social et amoureux, ce qui n’avait échappé à Trapugne, en quête lui aussi du cœur de la belle Fanny. Mais cette dernière se dérobait à leur quête préférant convoler avec Bourzig qui avait su enlever le cœur de l’être aimée grâce à la précieuse offrande d’un majestueux taille-crayon, rendant la tâche de ses concurrents bien difficile.
Bien que parfaitement solidaire de Trapugne, car à sa place j’aurais certainement ajouté au coquart un bon croc-en-jambe, je sais, je suis un prédateur, je fis mon devoir en punissant le coupable.
Je décidai de passer une soufflante à Trapugne et je le conservai en fin de séance pour le passage en soufflerie, mais je renonçai, car son expérience en matière de soufflage de bronches était telle, qu’il avait fini par développer une forme d’aérodynamisme mental qui donnait peu de prises aux vents de mes courroux.
Et c’est en buvant mon café, narrant à Christophe cet épisode épique, que nous décidâmes d’enseigner à nos garnement quelques rudiments en matière de draguage et sur la façon de tenir à distance la concurrence sans fourbir une quelconque fourniture de bureau, ni modifier, même à la marge, la physionomie du rival.
Mais à cet instant, la petite prof d’arts plastiques passa devant nous, et nous tombâmes d’accord pour envisager quelques exceptions.
12 décembre 2007
Brèves de cantoche
Ce midi à la cantoche, avec Christophe, on s'est bien marrés.
Comme souvent avec Cricri, on parle de l'actualité, enfin, de celle qui nous concerne.
Et là, on parlait du soutif créé par Wonderbra cet été, celui avec les faux tétons.
Les collègues nous croyaient pas trop, mais comme j'avais lu et relu l'article, et que j’avais recoupé l’info en vérifiant sur le site du fabricant, j’étais incollable sur le sujet. Mais j’ai aucun mérite, s’informer des innovations techniques, c’est mon boulot.
Mais ça m'avait foutu un de ces bourdons, putain, c’est vrai quoi, le monde marche vraiment sur la tête. Mais on va où comme ça ?!?!? Et franchement, quel monde on va laisser à nos gosses ???
Alors avec Cricri on réfléchissait à une parade, un détecteur de faux tétons par exemple, on avait plein d'idées en plus, et les collègues elles ont dit qu'on était vraiment des cons, mais en langage prof quoi, et qu’y avait des choses bien plus graves dans la vie, mais sans préciser lesquelles. Un peu facile l’argument.
Bon, on a bien rigolé, et y'a le collègue de physique qui s'est pointé.
Il avait une grosse tristesse pasqu'il venait de se faire inspecter et qu'y avait eu une bagarre pendant son inspection. Deux filles de 3e qui se sont battues, et y'a un gars de la classe qu'a voulu les séparer, et du coup, ils se sont battus à trois. Bon déjà le gars, vouloir séparer deux filles qui se battent, c'est un téméraire ou un doux rêveur, mais moi, ça me serait même pas venu à l'idée.
Moi je sépare que les garçons, que d'ailleurs une fois j'ai choppé un élève par le col pour qu'il arrête d'en étrangler un autre, et que j'ai arraché un bouton de sa chemise et qu'il a voulu porter plainte pour arrachage de bouton, et pour être franc, j'l'ai trouvé un poil tatillon le bambin sur c'coup-là.
Ben ouais, sont comme ça les gamins, très procéduriers en fait.
Donc du coup, maintenant, j'attends qu'ils aient fini de s'étrangler pour intervenir. Y'a plus de pertes mais on s'en fout, les classes sont moins surchargées.
Alors le collègue, quand il a raconté son histoire de bagarre, il était blanc, livide comme un linge, et nous avec Cricri, on s'est regardés, et comme c’était tellement gros son histoire, mais véridique, on est partis dans un de ces fous rires, mon vieux. Et pis pas le p’tit fou rire à sa mémère, non, un bien gros, un de ceux qu’on essaie vainement de retenir, à tort d’ailleurs, pasque ça fait encore plus rire, et même que des fois, ça fait péter.
Je sais c'est vache pour le collègue, mais on n'a pas choisi, c'est parti tout seul, pasqu'on s'imaginait la scène, le bordel généralisé pendant une inspection.
Ben ouais, c'est toujours le jour où il faut pas que les emmerdes arrivent. Comme Cricri quand il a passé son permis. L'inspecteur lui a demandé de s'arrêter à coté d'une cabine téléphonique, mais Cricri, il a pas dû bien comprendre, pasque lui, y s'est arrêté « dans » la cabine téléphonique. Véridique en plus.
Alors l'inspecteur du permis y lui a fait des histoires, un vrai chicaneur y paraît, un pointilleux quoi, alors qu'y faut quand même pas pousser, à un mètre près, le Cricri, il avait bon. Et en plus y’avait personne dans la cabine, à première vue en tout cas.
L’inspection, c’est un des temps forts de la vie de prof.
Avec la retraite bien sûr.
Vous avez vu le film Midnight Express ? Quand le gars y passe la douane avec la drogue tout transpirant et le cœur à 250 ? Ben un prof, le jour de l’inspection, c’est pareil, il a peur de se faire gauler. Et de le voir quitter la salle des profs la tête basse, c’est très chargé en émotions, alors on lui fait coucou avec nos mouchoirs, pasqu’on est pas sûrs de le revoir.
Pour en revenir au collègue, comme il avait pas encore eu son entretien avec l'inspecteur, ben y balisait.
Alors on a cessé de rigoler et on a posé des questions comme si on s'intéressait mais bon, on était plus crédibles. Avec la pétoche qu'il avait, il a dit qu'il avait pas faim, alors on lui a demandé s'il pouvait nous passer son éclair au chocolat, et les collègues elles ont dit qu'on était vraiment de sacrés cons, qu'on commençait vraiment à faire chier, mais on a dit que si on pouvait plus rigoler maintenant.
En fait les collègues filles elles avaient l'air d'être tristes pour lui, mais comme je m'y connais en fille, j'peux vous dire qu'en fait elles avaient toutes envie de rigoler.
Et pour finir, le collègue a dit qu'il s'inquiétait pour son rapport d'inspection, alors avec Cricri on a dit qu'il avait raison.
Et on a repris notre conversation sur le soutif de Wonderbra et on a suivi Tati qui ramenait son plateau.
– Franchement Tati, des soutifs avec des faux tétons, ça te choque pas ?
– Un peu c’est vrai, mais ce qui me rassure, c’est qu’on trouve encore des choses authentiques.
– Et tu penses à quoi ??
– À votre connerie par exemple.
Ben dis donc, c'était pas not' jour avec Cricri.
05 décembre 2007
Trois mousquetaires sont sur un bateau
J’ai rendu les contrôles.
Le rendage de contrôle, c’est un des temps forts de la vie de classe pasque la note c’est un truc super important dans la vie.
D’abord, un p’tit commentaire sur la moyenne de classe, élevée en l’occurrence, et je rends à chacun sa copie. Et comme je ne suis pas infaillible, je leur demande de vérifier leur note.
Ce que le 6e4 s’empresse de faire en se précipitant sur sa copie qu’il examine, inspecte, ausculte, scanne au rayon X, se préparant ainsi à son futur statut de salarié qui procèdera de même à réception de sa fiche de paye. Une analogie qui se poursuit jusque dans son premier commentaire : c’est tout ?!?!
Après quelques minutes, le 6e4 ayant procédé à moult comparaisons avec ses voisins de table et autant de calculs complexes, je me retrouve face à une forêt de bras vindicatifs qui occultent l’horizon.
J’ai dû faire des erreurs.
Après avoir recueilli les doléances je constate comme d’habitude que j’ai une fâcheuse tendance à oublier des points. Et ce qui est très curieux, c’est que je n’en mets jamais en trop. Enfin, si j’en crois les réclamations.
– Ben là vous m’avez compté zéro et Amina elle a deux points…
Je vérifie la copie.
– Ah oui, pasque c’est la bonne réponse, en effet, mais… à la question précédente…
Même Bourzig y va de sa réclamation :
– M’sieur !! J’ai qu’un point pour la présentation et l’orthographe…
– Faites-moi voir ça jeune homme… Pour que je note l’orthographe faudrait que vous écriviez quelque chose mon brave !!!!
– M’sieur, on fait signer le contrôle aux parents ??
Question posée par une à qui ça ne posera pas de problème. Mais pour les trois mousquetaires c’est une éventualité dramatique. C’est donc alerte générale au fond de la classe, où l’on souhaiterait faire preuve de la plus grande discrétion sur cette affaire, et ne pas déranger inutilement des parents qui par ailleurs ont des problèmes bien plus importants à traiter, le pouvoir d’achat par exemple. Alors ils me regardent inquiets, suspendus à mes lèvres, ben ouais, y’a quand même une branlée à la clé, le prof peut pas nous faire un truc pareil, une branlée d’accord, mais globale, à réception du bulletin, si à chaque fois on doit verser un acompte, on s’en sort plus. Message reçu par le prof.
– Non c’est pas utile.
Déception chez les bons élèves mais soulagement chez les autres, qui expriment une joie indescriptible, quel bonheur de voir ça, et du coup, les plus heureux, ce ne sont pas les mieux notés mais les glandeurs qui se congratulent.
Comme quoi le bonheur, c’est vraiment une question de point de vue.
– Ça compte pour la moyenne ??
Ça, c’est une question qui m’a toujours étonné, car je me vois mal annoncer à ceux qui ont eu vingt sur vingt que c’était juste pour rigoler. Par contre, pour ceux qui ont une note modeste, voire humble, la question mérite d’être posée et fait l’objet d’un vif débat où il apparaît que la plus extrême bassesse, secondée par une solide mauvaise foi, peuvent déstabiliser vos plus fermes convictions et vous rendent songeur quant au potentiel de malhonnêteté de certains. Pour résumer, il semblerait, si j’ai bien compris le concept de la note qui compte pour du beurre, que toute note inférieure à la moyenne n’étant pas par définition à la hauteur, ne mérite pas de participer au grand concours de la moyenne trimestrielle, contrairement à la note supérieure qui a conquis de longue lutte son accès au bulletin, semblant accréditer la thèse que pour une note, un bulletin, ça se mérite.
Tout ceci sur le ton de l’humour bien sûr, mais prof qui rit n’est pas conquis, et ça comptera donc pour la moyenne. Et toc.
D’où la question subsidiaire :
– Y’aura un contrôle de rattrapage ???
Le contrôle de rattrapage c’est la glissière de sécurité du chauffard scolaire. C’est le dernier recours, l’ultime pourvoi, le dernier SOS avant naufrage.
Vais-je détourner le paquebot de l’impitoyable sélection pour secourir les naufragés du travail à la maison ??? Vais-je refouler l’abordage des corsaires de la glande prêts à pourfendre toute activité armés de leur seul poil à la main ??? Vais-je enfin distribuer le tuba salutaire aux buveurs de tasse rigolards qui pataugent dans l’océan infini de l’échec scolaire ???
Je laisse barboter un temps, prenant l’air dubitatif, puis, magnanime, dans un geste généreux, j’octroie le contrôle salvateur, libérant l’effusion sonore des abonnés à la bouée-canard, mes petits naufragés.
Ainsi donc les trois mousquetaires survivront à l’épreuve, mais pour combien de temps encore ??