Un prof vide son cartable

Chroniques déconnantes à base de prof.

11 février 2008

Un pro quoi

Hé, vous vous souvenez de ma savoyarde ???
Et ben elle est venue me voir !!! Ouais, à ma maison, et tout et tout.
Ben j’étais vachement content pasque bon, j’avais pas trop assuré chez elle, alors là, inutile de vous dire que j’allais pas laisser passer une seconde chance avec elle.

Déjà, pour commencer, pas d’alcool, enfin, pas trop, et pour les mamours, j’ai tout bien révisé.
Un pro quoi.

Elles s’est pointée samedi, vers onze heures, et en arrivant, elle a eu une super idée, plutôt que de faire un p’tit resto, truc assez classique en fin de compte, c’est de faire une ballade sur les collines autour, pour découvrir le coin. J’étais vachement d’accord, pasque c’est bien chouette par ici, et que j’ai fait de la randonnée autrefois, alors question marche, je suis au top.
Un pro quoi.

Bon, on a attaqué les premières côtes vers 14 heures.
Sympas les côtes.
Mais bien en pente quand même, putain.

Pis c’est qu’elle marchait vite ma gisquette, pendant un moment, j’ai cru qu’elle voulait me semer. Oui pasque je vous ai pas dit, mais c’est elle qu’était devant, rapport à ma respiration qu’allait plus vite que moi, que d’ailleurs j’ai cru m’asphyxier avec tout cet oxygène.

Alors au bout d’un moment, j’lui ai dit que ce serait bien de faire des petites pauses pour profiter de la vue, pasque bon, j’en pouvais plus moi. Alors elle a dit qu’elle était pas trop d’accord, que toutes les cinq minutes fallait pas pousser, et ça a cassé un peu l’ambiance.
Et à un moment, tant pis, je me suis assis, rapport à mon cœur qui faisait toc-toc.
- Putain, qu’est-ce tu fous ???
- Je regarde les plantes, t’as vu mon amour, on trouve des genista germinaca par ici, comme c’est curieux…
- Non mais quel con, tu parles d’un randonneur çui-là…

Ben j’sais pas ce que vous en pensez, mais moi, j’ai pas trop apprécié son sous-entendu, et je l’ai trouvée limite limite sa petite pointe d’ironie.

Bon c’est vrai que j’avais les mollets un peu durs comme du bois, mais bon, trois fois rien, pas de quoi s’affoler, d’autant qu’y restait plus que vingt bornes, faut quand même pas pousser.

Mais quand elle a proposé de me porter, ben franchement, ça m’a vexé.
Non mais ho, elle me prend pour qui celle-là, je suis pas du genre à baisser les bras, même si en l’occurrence, j’avais du mal à lever les jambes. Pourquoi pas appeler les secours tant qu’on y est ?? Franchement, j’ai failli m’emporter. Pas loin c’est sûr, mais bon, c’était pour vous expliquer quoi.

Et on est rentrés, assez tard c’est vrai, mais j’ai quand même réussi à monter les deux étages jusqu’à chez moi en moins d’une heure.
Un pro quoi.

Et enfin, la soirée tant attendue a commencé.
Autant pour la rando j’étais sur son terrain, autant là, question soirée galante, je jouais à domicile.
Alors j’y ai sorti le grand jeu.

Pour commencer, petit apéro sympa, avec en amuse-gueule, assortiment de galanteries, suivi d’amabilités en tout genre, puis sélection perso de coquineries diverses, large éventail de regards salaces , le tout accompagné d’un soupçon de friponnerie, plus un zest de canaillerie, et pour finir, franc tripotage.
Un pro quoi.

Et là, d’un coup, putain, la méga crampe dans le mollet gauche, oh putain l’horreur, rapidement suivi par une hyper crampe dans le mollet droit, plus diffusion aux pieds, bordel, j’étais tout raide du bas. Ben heureusement qu’elle était secouriste ma gisquette, pasqu’elle m’a plaqué au sol, sur le carrelage, soi-disant que le froid c’était bon pour les crampes, et du coup, j’ai tapé la tête sur la table basse, et j’étais tout sonné du haut. Et j’avais mal, mon vieux, putain, j’avais les orteils tout crampés. Alors elle m’a tordu les pieds dans tous les sens, mais que dalle.

Et pis j’ai eu comme des sortes de raidissements au niveau des épaules, et à la nuque aussi, une sorte de foulure du cou quoi, rapport au sac à dos je pense, pourtant, j’comprends pas, il faisait à peine 40 kg. Et le raidissement, y s’est comme propagé, et ça m’a fait comme des espèces de torticolis au niveau des bras.
Enfin bref, j’étais raide de partout, enfin, quasiment quoi.

Alors elle est partie à rigoler ma gisquette, et elle a dit qu’un tombeur pareil, elle avait jamais vu. Ben franchement, j’ai moyennement apprécié son petit humour sarcastique, et j’étais à deux doigts de lui faire une remarque. Alors heureusement qu’avec toutes ces douleurs, je me suis rapidement évanoui, pasque sinon, j’aurais pu être désobligeant, et ça aurait gâcher la soirée.

Mais après, elle a été vachement sympa, y paraît qu’elle m’a mis en pyjama, m’a calé sur le canapé, couvert avec ma couette, et j’ai tout bien dormi. Enfin, c’est ce qu’elle m’a dit au réveil, pasque moi, j’me souviens pus de rien.
Si c’est pas de la super gisquette ça.

Alors le dimanche matin, heureusement ça allait mieux, je l’ai raccompagnée à sa voiture, en lui disant que j’étais super content de l’avoir revue, que vraiment elle était super et tout, et que bon je m’excusais pour les crampes mais que ce serait bien qu’on remette ça. Alors elle m’a dit que c’était pas la première fois qu’elle tombait sur un mec qu’assurait pas, et donc ça m’a bien déculpabilisé, c’est vrai, ça m’a fait plaisir, mais que par contre, pour ce qui était de se revoir, elle allait réfléchir.

Ah bon.

Cricri y pense que quand les gisquettes disent qu’elles vont réfléchir, c’est jamais bon pour nous les gars. Mais bon, j’suis pas d’accord, des fois dans la vie, c’est mieux de réfléchir.

Pis là, j’ai plus de nouvelles, j’espère qu’il lui est rien arrivé.
Aussi bien, avec la Saint Valentin, elle veut me faire une surprise, tin dis donc, j’y avais pas pensé.
Si c’est pas de la super gisquette ça.

Voilà.
Ben y’a plus qu’à attendre.

Posté par Charly Le Prof à 12:00 - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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