14 mai 2008
Bourzig fait le con
Pendant les évaluations, vous le savez, je sépare les élèves, un par table, et bien souvent, si l’un d’entre-eux n’a pas de place, je lui confie mon bureau.
Inutile de vous préciser qu’au début de l’année, lorsque j’ai annoncé aux 6e4, qu’il était possible de s’installer à MA place, sur MON fauteuil, ils furent incrédules et crurent à une plaisanterie.
C’est pas mon genre.
Alors évidemment, vous imaginez sans peine la fierté du 6e4 qui se voit octroyer une telle faveur, être vizir à la place du vizir, et se rendant jusqu’à l’autel où j’officie d’ordinaire, sous les regards admiratifs et envieux.
Et ce matin, c’était Bourzig.
Et pour un redoublant comme Bourzig, une telle faveur c’est une forme de reconnaissance, que dis-je, la validation des acquis, une nomination au mérite agricole, le César du meilleur décor.
Ainsi ce dernier rejoignit l’autel sous les ovations des 6e4 qui exprimaient ainsi la joie de voir leur Bourzig enfin reconnu à travers ce geste hautement symbolique : poser son popotin en lieu et place de celui de monsieur Le Prof, sur le trône, et faire grincer plus qu’à son tour les mélodieux ressorts de sa structure.
Mais bon, tout Bourzig qu’on est, et on ne se refait pas, on ne peut s’empêcher de faire un peu le con, la place s’y prête, je vous l’assure.
J’avais laissé aux gamins quelques minutes pour préparer leur copie, et s’échanger quelques informations précieuses, et je faisais mine de regarder par la fenêtre. En fait, j’observais discrètement sur cette dernière le reflet de Bourzig, installé sur le trône, qui se croyant à l’abri de mon regard s’en donnait à cœur joie, mais en silence. Et c’est ainsi qu’ayant le dos tourné, je sentais la classe secouée par moment de fous rires contenus dont il était l’épicentre.
Il fit mine tout d’abord de fouiller ma trousse et prenait l’air de m’imiter en fronçant les sourcils, adoptant des mimiques peu flatteuses à mon endroit mais assez réalistes je dois dire. Quelques fous rires ponctuaient sa prestation, et je demandais le calme, mais sans me retourner.
J’avoue que lorsque je le vis dessiner dans l’air devant lui un bedon supposé être le mien, je ressenti comme un malaise, et décidai qu’il paierait cet affront tôt ou tard. Puis il se gratta nerveusement la tête simulant mes interrogations intenses et fit mine d’engueuler lambda avec une tête si monstrueuse, si déformée par mes colères supposées, que je compris que l’on venait de quitter le simple pastiche pour la plus vile des caricatures, mais je ne pus m’empêcher de sourire, car je n’étais pas mécontent de découvrir le talent comique de mon Bourzig.
Puis, suite à la suggestion très discrète de Trapugne, en langage des signes, de chercher les réponses au contrôle, il entreprit des recherches, tout en jetant des coups d’œil rapides dans ma direction afin de s’assurer que j’étais toujours absorbé par la contemplation de la nature environnante. Il souleva la couverture du cahier de texte, puis celle du cahier d’appel, d’où il sortit le trombinoscope de la classe, qu’il exhiba tel un trophée à l’auditoire subjugué.
Oh ben dis donc alors.
Toujours à la recherche des réponses perdues, qu’il serait bien en peine de trouver, car je n’avais pas encore rédigé les questions, et toujours en m’épiant du coin de l’œil, il se leva et jeta un coup d’œil dans mon cartable, et je fus sur le point d’intervenir. Mais je décidai de ne pas réagir et de laisser à mon Bourzig ce quart d’heure de gloire de trois minutes, et vous allez comprendre, avant qu’il n’attaqua comme tous les autres le contrôle, qui serait pour lui l’occasion de retrouver un relatif anonymat, et d’imiter tour à tour et en vrac : le penseur de Rodin, le chien à l’arrêt, l’huître au repos, la moule contemplative, et j’en passe. Imitations moins glorieuses mais qu’il réussissait parfaitement.
Se penchant sur mon cartable, il eut soudain un mouvement de recul, en découvrant le contenu, et par quelques gestes affolés, il fit comprendre à l’assemblée qu’il venait de voir un truc extraordinaire. Et d’ailleurs, mesurant sans doute le risque de sa découverte, et d’avoir enfreint mon espace privatif, il se rassit illico et embarrassé jusqu’aux oreilles, il demanda une feuille pour son contrôle.
Je me retournai :
– On peut savoir ce que tu fabriques Bourzig ???
Son visage prit une teinte rosée, son regard balayant le plancher, car procédure de flagrant délit oblige, il sentit que la grêle de mon courroux allait s’abattre sur le toit de sa bêtise.
Mais il sut réagir grâce à une habile diversion :
– Heu… m’sieur, c’est le contrôle numéro combien ???
Prends-moi pour un con Bourzig.
– Le neuf.
Mais qu’avait donc vu Bourzig dans mon cartable pour qu’il réagisse de la sorte ??
Et bien tout simplement des os humains.
Un humérus, un cubitus, un radius.
En plastique bien sûr.
Dont Christophe m’avait demandé de réparer la liaison, et que je traînais dans mon cartable depuis quelques jours déjà, puisqu’étant bien incapable de réparer quoi que ce soit.
Mais je me gardais bien de préciser tout ça à mon Bourzig, car l’image d’un prof sanguinaire dépeçant ses victimes et baladant leurs os dans son attaché case ne pouvait qu’asseoir mon autorité.
Voilà, et puis ça t’apprendra Bourzig, pour le bedon.
Pasque bon, faut quand même pas exagérer, de quoi parle-t-on, d’un coussinet tout au plus.
13 mai 2008
I have a dream
Toi aussi tu rêves d’être un jour prof de 6e4.
Et comme je te comprends.
Alors bien sûr tu as entrepris des démarches, t’es documenté, et tu as même entendu ton petit neveu faire cette remarque en mangeant sa purée :
– Moi quand je s’rais grand, j’veux être prof de 6e4… ou pompier.
Que c’est mignon.
Mais je te dois te faire un aveu. À la rentrée, c’est vrai qu’il y avait les 6e4, mais ce que je me suis bien gardé de te dire, c’est qu’il y avait aussi les 3e6.
Bon, je les aime bien les 3e6, mais pour être franc, je ne dispose pas à ce jour de preuves tangibles d’une quelconque réciprocité de ces sentiments.
Une des caractéristiques du 3e6, c’est qu’il connaît parfaitement ses droits, et si par malheur tu venais à l’oublier, rassure-toi, il se fera un plaisir de rafraîchir ta mémoire de vieux con. Bon, la notion de droits chez le 3e6 est très particulière. C’est une notion qu’ils se sont véritablement appropriés. Bien que le mot « séquestrés » me paraisse plus adapté à décrire la situation, car seuls de mauvais traitements subis par ces fameux droits, peuvent expliquer leur extrême partialité, voire le p’tit chouia de mauvaise foi qui énerve pas du tout.
Mais bon, faire cours à une classe de téléphones portables, c’est vachement sympa.
Ceux que je préfère, ce sont les Nokia. Mais bon, c’est normal, c’est le haut de gamme. Les Sony-Ericsson sont pas mal non plus, et j’ai aussi quelques Motorolla tout à fait agréables. Par contre, j’ai beaucoup de problèmes avec deux Samsung au fond de la classe, notamment le SGH-U700, celui avec le couvercle coulissant, je pense que s’il continue à sonner comme ça, intempestivement, je vais lui confisquer son élève.
Le seul avantage du Samsung, c’est qu’il ne pèse pas lourd. Par contre, il dispose de peu de mémoire et ses capacités de stockage sont donc très limitées. Contrairement aux Nokia qui de plus, affichent toujours de bonnes résolutions.
Et franchement, les portables, ça nous rend trop service à nous les profs. Parce que ça devenait vraiment trop facile d’enseigner, c’est vrai, on finissait par s’emmerder. En plus, avec les lecteurs mp3 qu’on voit même pas, et ben on est très contents parce que ça corse encore un peu plus le truc, ça met du piment quoi, et pis ça crée du lien, pasque putain, quand j’en choppe un…
Pis j’viens d’apprendre que la télé sur les portables c’est pour bientôt, je ne vous cache pas que je me languis, c’est trop d’la balle.
Mais c’est surtout un vrai test pour les nerfs, pasque quand t’en as confisqué un, et ben c’est pas facile de pas le faire tomber sans faire exprès, et de ne pas marcher dessus par inadvertance.
Ils sont marrants les 3e6. Je repère très vite quand ils jouent avec leur appendice. D’abord, ils sont anormalement calmes, studieux, et ils me regardent, comme s’ils me voyaient, j’vous jure, à la limite, ça fait peur. Et même certains ont l’air de réfléchir, je vous assure, c’est bluffant. Seulement voilà, un détail ne m’a pas échappé, aucun d’entre eux n’a les mains sur son bureau, car elles sont occupées à manipuler l’ustensile, dès que j’ai le dos tourné, cela va sans dire.
Alors évidemment, ils sont persuadés que vous ne voyez rien, que vous n’avez pas du tout repéré leur petit manège, que vous êtes un gros nul quoi. C’est un peu vexant, c’est sûr, mais bon, comme vous allez leur coller un bon petit contrôle surprise, que vous m’en direz des nouvelles, dans moins d’un quart d’heure, vous reprenez confiance en vous. Mais qu’on soit bien d’accord, y’a pas de méchanceté de votre part, et encore moins de vengeance, et c’est surtout pas pour les faire chier, c’est le boulot quoi. D’ailleurs, ça fait toujours un petit pincement au cœur de savoir qu’ils vont se prendre une bonne grosse gamelle, mais que faire, il faut bien que quelqu’un évalue l’acquisition des connaissances, puisque celle des portables est déjà faite.
Pis des fois, j’en confisque. Mais faut avoir le cœur bien accroché pasque c’est comme si tu leur coupais un bras. Encore qu’un bras soit un mauvais exemple, pasque franchement, pour ce qu’ils s’en servent. Mais il faut être très psychologue, pasque le portable, c’est leur point faible. Et je culpabilise parce que du coup, et ça c’est terrible, leur vie n’a plus aucun sens. Sans compter que pour certains, c’est 80% de leur personnalité qui s’en va, et les adieux sont déchirants.
Je sais, je suis trop émotif.
Du coup, ils régressent grave, et même des fois, mais c’est qu’ils deviendraient méchants ces cons !!!
Hé oui, car si la vie d’un prof de 6e4 est un long fleuve tranquille, celle d’un prof de 3e6 est plus proche de la séance de canyoning en pleine saison des crues, avec comme seuls équipements, ton short et tes tongs.
04 mai 2008
L'amour enfin retrouvé chez les 6e4
Chez les 6e4, le printemps est aussi à l’ouvrage.
Et pour les garçons, c’est une épreuve bien difficile que celle de résister à l’appel de toutes les gracieuses de la classe, déclinées en robes et jupes colorées, trésors troublants se mouvant en d’exquises volutes, exposant leurs minuscules gambettes, aux extrémités délicatement engoncées dans de splendides espadrilles jaunes.
Ou vertes.
Oui, qui pourrait imaginer que dans ces chatoyantes babouches, espace détente de l’orteil fourbu, vit un monde de douceurs et de félicités, où la vie prend tout son sens et les sens toute leur vie ???
– Alors Bourzig ??? Une p’tite copine en ce moment ??
– Ben non… pis là, j’ai foot le soir...
Oui, il y a des priorités dans la vie, et c’est vrai que l’on n’a pas toujours les disponibilités pour s’occuper de ces dames, c’est regrettable mais c’est ainsi.
– Mais dis Bourzig, c’est le printemps, faut taquiner la gisquette, et Fanny ???
– Ouais bof… et pis Fanny, elle est amoureuse d’Houzi, des 6e7… alors les filles…
Des 6e7 ??? Mais c’est quoi ce bordel ??? Alors qu’on a tout ce qu’il faut en 6e4 ???
Sans plus attendre, je demandai confirmation de l’ignominie auprès de la joliette :
– Fanny, je viens d’apprendre pour Houzi, je ne te cache pas que je suis plutôt déçu, un 6e7… je te pensais plus ambitieuse…
– Oui mais il habite juste en dessous de chez moi, c’est plus pratique.
Plus pratique ?!?! Et l’amour bordel !!!!!
Ainsi donc Mata Hari s’était réincarnée en choupette et sévissait au cœur même des 6e4, convolant avec l’infamie : un élève standard de 6e7. Je ne savais pas cette dernière capable d’une telle forfaiture, et je dois avouer ma bien grande tristesse de voir ainsi notre Fanny refuser ses faveurs à mon équipe de bras cassés, préférant l’amour de proximité, que dis-je, de bas étage, à l’exotisme enivrant de la rue d’à coté, contrée où se reposaient après une journée de dur labeur, mes trois mousquetaires.
Je me devais de réagir et de rapatrier ces amours égarés, afin de maintenir l’homogénéité du groupe classe. Aussi je décidai d’incliner le cours des choses, je bottai donc le cul au destin :
– Houzi ??? Jacques Houzi ??? Des 6e7 ???
– Vi.
– Ah bon… c’est marrant… je croyais qu’il était avec Éva des 6e2 (tu suis lecteur ??)…
– Ah oui ???
– Oui mais bon, j’ai dû me tromper, y se faisaient des bisous au fond de la cour, mais c’était certainement amical, rien d’inquiétant donc, voilà…
– …
(Saches, cher lecteur, que ces méthodes me répugnent, mais tu me pardonnera cette vile crapulerie mais j’ai un blog à tenir, alors si les filles commencent à courir à droite à gauche, je fais comment moi ???)
Et j’ajoutai ceci :
– Quand on pense qu’un garçon comme Bourzig est célibataire… mais dans quel monde vit-on…
Alors Fanny, interloquée, ouvrit nerveusement sa trousse, et sorti le taille crayon, vestige de son amour passé, et mille souvenirs défilèrent devant ses yeux, ces si chers instants, quinze jours de nectar de bonheur. Puis, sans doute le cœur gros, elle regarda là-bas au loin, au fin fond de la classe, par delà les bons élèves, ce héros tant aimé, le sieur Bourzig, visiblement très occupé à ne rien faire, se balançant nonchalant sur sa chaise, avec cette tranquille assurance du redoublant qui sait qu’il ne peut pas tripler, et cette vision emporta la belle et sa décision.
Quant à moi, j’informai illico mon glandeur sur balançoire de cette nouvelle opportunité :
– Dis Bourzig, pour Fanny, c’est bon hein, tu peux attaquer, à fond.
– Ah bon ?? Ouais… j’vais voir… avant d’aller au foot…
Alors mon cœur s’emplit de joie de voir enfin ce couple reconstitué, tel un surimi d’amour, une offrande déposée en humble contribution aux féeries du printemps.
Et c’est en rejoignant ma voiture, que je vis à la sortie du collège, mon Bourzig achever de conquérir la belle, dessinant des myriades de figures avec son vélo, démarrant sur la roue arrière, puis virant en de majestueuses glissades, avant que de piler juste devant Fanny, laquelle hébétée, n’en pouvait plus d’amour d’autant de dérapages. Puis Bourzig, pour parapher son œuvre, démarra un sprint effréné afin d’afficher sa vitesse de pointe, ce qui finit de combler Fanny, une Fanny pantelante, au bord du chemin et de l’évanouissement, car mille fois reconnaissante de toutes ces ardentes déclarations, tandis qu’au loin là-bas, debout sur les pédales et au milieu des gaz d’échappement, s’évaporait le chevalier au biclou rouge.
01 mai 2008
Le printemps
Aaaaaaah le printemps !!! Féerie d’une renaissance mille fois célébrée, magie de notre majestueuse nature, auguste bienveillance de nos latitudes, qui fait verdoyer nos forêts, rosir les visages, bleuir nos prés, jaunir les champs, sans oublier le linge, qui sèche tellement plus vite.
Que de bontés.
C’est ça la magie du printemps, tout s’échauffe, les cœurs s’enflamment, les corps tisonnent, et Dame Nature exhale son renouveau, exposant nos pâleurs à son doux rayonnement, tandis qu’au loin là-bas, les vrombissements des tondeuses à gazon saluent à leur façon le retour de la belle saison.
Enfoirés de voisins va.
Ah !!! Souviens-toi lecteur !!! De cette époque bénie, bien après J.-C, mais juste avant SMS, où dans une sorte de rituel printanier, apparaissait une flore d’un genre particulier : de petits bouts de papier porteurs d’amoureuses requêtes et autre invite au bisou, se répandant d’un bout à l’autre de la classe, en direction de l’être cher.
Aaaaaaaaaah !!! Que de souvenirs !!!! Les doux souvenirs de l’adolescence !!!!
Souviens-toi lecteur, lorsque nos ferventes déclarations se déclinaient en de minuscules formats, que nous faisions circuler par de complexes trajets clandestins en direction de l’être aimée, avec l’aide bienveillante de toute la classe. Souviens-toi lecteur, lorsque la missive prenait le chemin du retour, son petit bonhomme de chemin, empruntant mille détours, faisant battre nos cœurs, pour enfin l’avoir entre nos mains. Où là, le cœur serré, nous dépliions la dépêche pour enfin découvrir la réponse de la belle, écrite de sa main même, de cette main si délicate : « Tu peux te brosser ».
Alors nous arborions ce petit sourire benêt si caractéristique de ces instants précieux où l’on se sent si con, et que l’on dévisage le tableau, subitement intéressé par les troubles équations, exposant notre acné purulent aux doux rayons des néons, mais enfin initié à cet aspect incontournable de la vie amoureuse : le râteau.
Alors par dépit, nous rédigions un deuxième message à destination cette fois d’une moins jolie, ce qui augmentait sérieusement nos chances. Une malgré tout fort bien nantie, et de corps et d’esprit, et qui en pinçait grave pour nous, avec laquelle nous allions négocier des heures durant pour lui tripoter les lolos, ce qu’elle finissait par accepter, afin d’avoir enfin la paix, et à bout. Des lolos soigneusement enveloppés dans un soutif, puis un chemisier, puis un gilet, puis un manteau, mais le palpage de la matière noble de ce dernier seul, suffisait amplement à notre bonheur, et faisait notre gloire pendant la récré, où nous prétendions avec une mauvaise foi absolue, qu’on lui avait vu le téton.
Une que l’on larguerait sans autre façon.
Mais une que l’on retrouvera bien des années plus tard, car de passage dans le coin, et qui avec un petit sourire aux lèvres et un brin moqueuse vous glissera « Et toi ?? Toujours aussi galant avec les femmes ??? »
Alors nous arborerons ce petit sourire benêt si caractéristique de ces instants précieux où l’on se sent si con, et que l’on dévisage le parcmètre le plus proche, subitement intéressé par ces métronomes de l’immobile, et bredouillant un convaincant « Oui oh tu sais, j’étais jeune… et toi ?? T’as quoi comme voiture ??? ». Espérant secrètement qu’au vu de la date des faits, il y aurait prescription.
Et oui, c’est aussi ça le printemps, tandis que les doryphores prolifèrent, que les patates abhorrent, des nuées de coléoptères s’apprêtent à butiner la flore.
Héhé.